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Travailleurs français, citoyens indéterminés
Depuis Octobre 2009 un ensemble d'actions d'occupations de sites et d'emblêmes de lieux de travail des sans papiers ont été lancés. Avec le soutien de la CGT près de 5 000 travailleurs sans papiers sur une quarantaine de sites, essentiellement en île de France, occupent jour et nuit pour demander leur régularisation et une nouvelle circulaire de régularisation. Ils entendent par ces actions dénoncer les différences de traitement des dossiers des sans papiers en préfecture et selon les départements. «On veut sortir de l'ombre, ça ne peut plus continuer comme ça», crie Nouah un travailleur sans papier de la construction, «c'est pas une vie, on est exploité, sous-payé, on paie des impôts, on cotise et on n'a aucun droit, il est temps que cela change" ajoute-t-il. Ce travailleur sans papier a plus de 8 ans de présence en France, il a toujours travaillé avec des fiches de paie régulière en intérim sur des chantiers dirigés par Bouygues, entre autre...
Raymopnd Chauveau, délégué CGT coordone le mouvement des travailleurs sans papiers : "ça grossit tous les jours, il y a une quarantaine de piquets de grève dans toute la capitale et tous les jours de nouveaux travailleurs sans papiers rejoignent le mouvement".

D'un autre côté les principales associations de lutte pour la régularisation des sans papiers - àl'initiative de la CSP 75- occupent un ancien bâtiment de la CPAM (14 rue Baudélique, Paris 18), ils ont baptisé ce lieu : le Ministère de la régularisation des sans papiers.
En 2008, le mouvement de grève des travailleurs sans-papiers avait permis l'ouverture de 2 500 procédures de régularisation. Mais des milliers de travailleurs sans papiers sont toujours en attente, leur dossier bloqué en préfecture même s'ils réunissent toutes les preuves nécessaires.
Cinq syndicats (CGT, CFDT, Solidaires, FSU, UNSA), cinq associations (Droits devants!, Ligue des droits de l'homme, Cimade, Femmes Egalité, Autremonde) et le Réseau éducation sans-frontières (RESF), ont rejoint le mouvement et s'unissent pour réclamer au gouvernement une circulaire fixant des «critères objectifs» à l'octroi d'un titre de séjour.
Souvent isolés dans leurs restaurants, les travailleurs sans papiers de la restauration ont réussi à s'unir gràce à ce mouvement et occupent désormais jour et nuit le site de la Fédération de l'hôtellerie restauration dans le 8ième arrondissement de Paris. D'autres sans papiers issues du sectuer de la construction ont eux réussis à occuper le siège de la fédération Nationale des travaux publiques non loin des champs élysées. Un vent de révolution souffle dans les bureaux de toutes ces grandes institutions françaises occupées jour et nuit. Un autre site occupé est évacué par la police suite à un incendie qui s'est "fortuitement déclaré sur le chantier. Le groupe ADEC décline toutes responsabilités et les travailleurs sans papiers décident de camper devant le site, puis, dans la soirée, réussissent à rentrer à nouveau par une fenêtre afin de ré-occuper le site. Les sans papiers s'auto-organisent sur place pour manger et dormir dans des conditions précaires sous le regard de vigiles éberlués par leur ténacité.
Lundi 20 ocotbre à 7 heure du matin, c'est le chantier de la future plus haute tour de France qui est investi par 300 travailleurs sans papiers. Il y a un an un travailleur sans papier chalumiste était tombé de la tour, mort par manque de sécurité et oublié aussitôt, car sans papier. Ce chantier de la tour AXA, situé dans le quartier d'affaire de la Défense sera évacué par un important dispositif policier et les occupants raccompagnés au métro le plus proche : ces derniers promettent de nouvelles actions spectaculaires.
Certains de ces travailleurs rentrent dormir au Ministère de la régularisation est applaudissent leurs camarades dont l'action est présentée sur la plus grande chaîne de télévision française le soir même.
C'est dans ce contexte tendu que le ministre de l'immigration et de l'identité nationale éric Besson, en plein débat sur l'identité nationale, réfléchit à une future circulaire de régularisation : son texte proposera dans quelques jours la régularisation des travailleurs ayant plus de 5 ans de présence sur le territoire et au moins un an de fiche de paie. Le ministre français table sur quelques milliers de régularisation. De l' avis des syndicats et collectifs de sans papiers, cette nouvelle circulaire pourrait entraîner la régularisation de plus de 30 000 travailleurs sans papiers. Reste à voir si les préfecrtures pourront assurer le suivi de toutes les futures demandes de régularisation.
En tout état de cause, un véritable dialogue s'est instauré entre les différents acteurs de la lutte pour la régularisation des sans papiers et le gouvernement. Régulièrement les collectifs du ministère de la régularisation et les délégués CGT rencontrent le directeur de cabinet du ministre de l'immigration ; c'est un premier pas.

Rappel historique (COURRIER INTERNATIONAL) :

En Europe même, de 2002 à 2006 inclus, la France n'a accueilli que 131 000 immigrés supplémentaires par an en moyenne, soit 2 pour 1 000 habitants, alors que la moyenne de la zone euro est de 4,9, selon Eurostat.
Seuls les Pays-Bas et l'Allemagne ont fait moins (voir graphique). Rapporté à sa population, le Royaume-Uni accueille 50 % d'immigrés de plus, la Belgique et le Portugal le double, sans parler de l'Italie, de l'Irlande et de l'Espagne... André Daguin, le président de l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie, demande pour son seul secteur 50 000 régularisations.Sans exagérer la nécessité de recourir à une immigration croissante, il est probable que la situation démographique, et notamment la hausse programmée des départs en retraite, va rendre nécessaire d'ouvrir plus largement les frontières.
En France, la dernière vague de régularisations remonte à 1997 : 100 000 titres de séjour avaient alors été délivrés. A propos des travailleurs en situation irrégulière en grève, le député UMP Etienne Pinte reconnaissait que l'étude des cas individuels était une "posture [pour] éviter d'être accusé de vouloir régulariser en nombre (...) La plupart de ces gens seront effectivement régularisés, ça me paraît évident". De plus en plus de voix s'élèvent donc pour demander, comme précisément Patrick Peugeot, un "Matignon des sans-papiers", où les différents acteurs du dossier se mettraient autour d'une table pour introduire plus de souplesse.
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