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Un pont pour les migrants
UN PONT POUR LES MIGRANTS




Un village de roms et de bulgares est né en quelques mois autour du pont de Bondy. Des caravannes d'un côté du canal de l'ourcq, près du tramway qui mène à Bobigny (environ 200 familles, roms la plupart) ; de l'autre, des baraques construites en matériaux de récupération, avec environ 50 familles bulgares. Un peu plus loin, sous le pont de l'autoroute A86, quelques familles ont construit un autre quartier.

Fin octobre, la Police, accompagnée de traducteurs, a remis 80 OQTF (Obligation de Quitter le Territoire) à une partie de habitants des caravannes (roms).
Les familles sont dans l'attente et ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas rester en France, tout en étant européens. Beaucoup ont des enfants scolarisés à Bobigny, une professeur les aide à obtenir de l'aide, certains sont même suivis par des assistants sociaux...

Bulgares et roms survivent dans des conditions très précaires. Sans eau, ni électricité, pas de sanitaire non plus (3 toilettes chimiques ont été installés près des caravannes, pour un peu plus de 200 personnes et ne sont jamais relevés). Seuls quelques groupes électrogènes alimentent certaines baraques ou caravannes la nuit. Les bulgares ont installé des petites cantines où ils peuvent se retrouver pour manger et même danser le soir. L'entraide est très forte, mais le travail manque. Alors, en attendant qu'un chantier de construction se présente (beaucoup sont maçons), les hommes récupèrent inlassablement des cables qu'ils dénudent toute l'après-midi pour extraire le métal à l'intérieur (cuivre ou plomb) et le revendre au poids ; les femmes, quant à elles, s'occupent de la cuisine, mais aussi de trouver à manger dans les poubelles ou des habits à revendre sur les marchés aux puces alentour (Bobigny ou Montreuil). Aucune association d'aide humanitaire n'est présente sur les lieux, seuls les restos du coeur situés près du campement des bulgares acceptent de leur donner de l'aide alimentaire.

L'eldorado européen qu'ils espéraient trouver en France n'est pas aussi doré que prévu, mais malgré les conditions "d'accueil", toutes les familles sont plus heureuses en France qu'en Bulgarie ou en Roumanie où la crise économique ne leur permettait plus de s'en sortir. Là-bas, ils arrivaient tout au plus à gagner 100 euros par mois en travaillant tous les jours ; mais, depuis la crise, beaucoup d'emplois précaires (service ou aide à domicile) n'existent plus, ce qui a décidé beaucoup de familles à tenter leur chance en France. En revendant le métal récupéré, en désossant des voitures, ils arrivent, ici, à gagner quelques dizaines d'euros par jour et, par là-même, à envoyer des mandats d'argent à la famille restée au pays.

A la mi-octobre, la France a échappé à un blâme de Bruxelles dans l'affaire des renvois controversés de Roms, après quoi elle s'était engagée à garantir, dans sa législation, les droits des personnes expulsées. Elle reste cependant sous surveillance en raison de soupçons de pratiques discriminatoires.

Hervé Lequeux.



 

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